Actualité > Droit à l'énergie seule ONG invitée au congrès de l’ODSTA [sept 2003]
Droit à l'énergie seule ONG invitée au congrès de l’ODSTA
(Organisation Démocratique Syndicale des Travailleurs d’Afrique)

Accra, Ghana [17-20 sept 2003]


Du 17 au 20 septembre dernier s’est déroulé à Accra (Ghana) le deuxième congrès ordinaire de l’ODSTA (Organisation Démocratique Syndicale des Travailleurs d’Afrique). Cette organisation a été officiellement créée en 1993 et a tenu son premier congrès ordinaire à Lomé (Togo) en 1999..

L’organisation compte aujourd’hui près de 40 organisations syndicales de 29 pays africains. De sa base d’Afrique francophone de l’Ouest au départ, elle a largement rayonné vers l’Afrique anglophone australe ou orientale et arabophone (Maroc, Mauritanie, etc.).

L’ODSTA est la régionale africaine de la CMT (Confédération Mondiale du Travail).

En ce début de 3ème millénaire, l’Afrique connaît du fait de la mondialisation et de la globalisation, des mutations profondes. Il en résulte, pour les travailleurs africains et leurs familles, une dégradation constante des conditions de travail et de vie. On assiste de plus en plus, sur le continent, à des dénis de droits, déficits de protection sociale et refus du dialogue avec les organisations syndicales ou de la société civile, licenciements intempestifs, privatisations sauvages, sous-traitance incontrôlée … toutes choses qui concourent à l’accentuation de la pauvreté et de la misère.

Le poids de la dette et les programmes d’ajustement structurels imposés aux pays africains par les institutions internationales dégradent une situation conjoncturelle déjà atastrophique. Si l’on ajoute à cela les zones franches, le tableau est dramatique.

Persistance du travail des enfants (il y en aurait 75 millions en Afrique) et du travail servile, propagation inquiétante du SIDA, situation inconfortable de la femme africaine, notamment travailleuse, nécessitent le positionnement des syndicats en tant que membres incontournables de la société civile et acteurs représentatifs et omniprésents.

De fait, les syndicats africains s’impliquent particulièrement dans la vie quotidienne des gens, que ce soit dans le domaine de la santé (gestion et mise sur pied de dispensaires, infirmeries), de l’éducation (organisation de cours du soir, formation professionnelle continue, éducation féminine) et de la prise en compte par les politiques des besoins vitaux des travailleurs et de leurs familles.

Au-delà de la santé et de l’éducation, c’est tout l’intérêt que portent logiquement les populations africaines et leurs représentants dans le monde du travail à la nécessité de l’accès à l’énergie qui a été affirmé lors de ce congrès.

Il s’agit là d’une nécessité absolument fondamentale en Afrique, le continent de notre planète le plus dépourvu d’énergie, particulièrement électrique, alors que le sous-sol regorge de richesses énergétiques qui sont pillées en faveur des pays du Nord.

Les pétroliers du Gabon, d’Angola et du Nigeria alimentent largement nos pays occidentaux, pendant que les méthaniers d’Algérie et du Nigeria viennent combler nos besoins énergétiques. Dans le même temps, les Africains n’ont d’autres ressources que de détruire leurs forêts pour combler chichement leurs besoins énergétiques.

L’action de notre association « DROIT A L’ENERGIE SOS FUTUR » a donc, il y a déjà de nombreux mois, intéressé un certain nombre de responsables syndicaux africains, au premier rang desquels Romuald NUWOKPE, Secrétaire Général de la FPTI (Fédération Panafricaine des Travailleurs de l’Industrie), l’une des huit fédérations professionnelles de l’ODSTA. Cela a conduit à l’adhésion des 20 organisations de cette fédération, à l’occasion du séminaire de Dakar, en avril de cette année, en présence du Président de l’association DROIT A L’ENERGIE, Michel CLERC, et du Vice-président, Pierre-Jean COULON.

La motivation des nouveaux adhérents, l’intérêt porté par les dirigeants de l’ODSTA aux questions soulevées par l’association et la bienveillance expressément manifestée par les plus hautes instances de la Confédération Mondiale du Travail sont donc à l’origine de DROIT A L’ENERGIE SOS FUTUR au congrès d’Accra.

C’est en effet en présence du Président de la CMT Basile MAHAN-GAHE, également Administrateur du Bureau International du Travail (OIT), et du Secrétaire Général Willy THYS que s’est déroulé ce congrès.

On a pu noter aussi la présence des représentants européens (France, Pays-Bas, Espagne, Belgique), d’Amérique du Sud (Confédération Latino-américaine des Travailleurs) et d’Asie (China Federation of Trade Unions, Brotherhood Asian of Trade Union) entourant le Président et le Secrétaire Général.

Les 150 délégués des organisations adhérentes ont témoigné toute leur sympathie aux représentants de DROIT A L’ENERGIE, le Vice-président, Pierre-Jean COULON [voir allocution], et le Secrétaire Général, Madjid CHERIKH.

On a pu aussi noter la présence des représentants de l’OUSA (Organisation Unitaire des Syndicats d’Afrique).

Au-delà des débats, pour la première fois dans l’histoire d’une organisation syndicale à l’échelle d’un continent, une motion d’orientation spécifique sur le droit à l’énergie a été adopté à l’unanimité par le congrès.

Le nouveau Président de l’ODSTA, Benydin TOOLSYRAJ (de l’Ile Maurice) et le nouveau Secrétaire Général Adrien Beliki AKOUETE (du Togo), également Vice-président de la Confédération Mondiale du Travail et membre du Comité de Suivi des accords Afrique-Caraïbes-Pacifique, ont exprimé leur soutien à l’action de l’association DROIT A L’ENERGIE.

Dans la foulée, de nouvelles adhésions ont été formalisées, renforçant ainsi l’implantation en Afrique de l’association, nommément :
la Federation of Free Trade Unions of Zambia (Zambie),
le syndicat SYNDIPOSTE-DIGNITE (Côte d’Ivoire),
le National Lotto Receivers’ Union (Ghana),
le Civil Servants Trade Union (Malawi),
la Fédération Panafricaine des Travailleurs du Bois et de la Construction (Cameroun),
l’association Action Culturelle Chrétienne (Côte d’Ivoire).

Les représentants de DROIT A L’ENERGIE SOS FUTUR ont enfin eu l’immense satisfaction de se voir signifier par le Président de la Confédération Mondiale du Travail, Basile MAHAN-GAHE sa future présence au Forum Mondial organisé par DROIT A L’ENERGIE au Maroc, au printemps 2004.

A ne pas douter que cette nouvelle caisse de résonance du combat de l’association en tenue africaine sera porteuse d’un mieux-être pour les habitants de ce continent.

haut de page